Nous sommes encore émerveillés par les Jeux Olympiques et Paralympiques de Milan-Cortina, mais quel en sera le bilan économique global ?
L’économie a une place importante au sein de ces jeux. Elle peut faire basculer le pays dans une lourde dette, comme elle peut faire fleurir l’économie locale.
Analyse générale
Comme l’indique le graphique qui suit, les organisateurs minimisent systématiquement les coûts et un dépassement de budget est inévitable.

Le graphique ci-dessous montre que certains jeux ont entraîné de lourdes pertes et plusieurs années de remboursement, dues à des coûts plus élevés que les recettes. Ainsi, Sotchi 2014 a enregistré le plus grand déficit absolu. À l’inverse, Los Angeles 1984 et Vancouver 2010 font partie des rares événements qui ont réalisé un excédent.

Mais à quoi sont dues les principales dépenses ?
Les principales dépenses sont dues :
- aux infrastructures générales: Le CIO demande des infrastructures spécifiques ainsi qu’un nombre de chambres d’hôtel précis, que certaines villes n’ont pas et elles doivent en construire davantage
- aux infrastructures sportives, qui sont rarement déjà présentes dans les villes d’accueil
- aux coûts opérationnels : administration, sécurité, cérémonies…
Il y a également les dépenses liées à la prime pour les athlètes recevant une médaille dont nous reparlerons plus loin.
Quelles en sont donc les recettes ?
Les retransmissions télévisées des Jeux Olympiques bénéficient d’une forte audience, dont les droits engendrent des sommes astronomiques. C’est aussi l’opportunité pour les marques de faire de grandes campagnes publicitaires : plusieurs marques s’affrontent, notamment Nike et Adidas. Les billets et les produits dérivés assurent également une partie des recettes.
Mais que reste-t-il après les Jeux ?
L’héritage olympique est avant tout matériel. Les infrastructures mises en place pour cette occasion permettent la création d’établissements, comme des résidences universitaires. Par exemple, après les Jeux de 1968 à Grenoble, les immeubles de presse ou encore les « trois tours » sont devenus des immeubles pour les habitants. De plus, les transports et routes créés peuvent être réutilisés par les habitants et permettent une meilleure accessibilité dans certaines zones. Les infrastructures sportives sont quant à elles très peu réutilisées. Il y a aussi un héritage symbolique : d’après une enquête BBC effectuée après les JO de Londres en 2012, près de 80% des Britanniques étaient plus fiers de l’être à l’issue de ces jeux.
Étude de cas: Milan-Cortina
Pour mieux comprendre, prenons les Jeux actuels : les JO 2026 d’Italie.
L’Italie devait faire mieux que les JO de Turin. Ceux-ci avaient eu un coût global qui avait lourdement pesé sur les finances de la ville, ce qui l’avait lourdement endetté. L’héritage de ces JO sur ceux de Milan-Cortina était inexistant. Les sites sportifs construits pour ces jeux ont soit été rasés, soit sont inutilisables.
L’Italie a décidé d’éclater l’espace des jeux pour réutiliser des structures déjà existantes et ainsi minimiser le coût. Cependant, lors du lancement de la flamme, certaines infrastructures n’étaient pas finies. Cet éclatement sert aussi à gagner en tourisme tout en réduisant la surfréquentation.
Nous savons déjà que pour ces jeux, la facture dépassera les 5 milliards d’euros. En prenant en compte les frais des travaux encore en cours, la facture s’approcherait des 7 milliards d’euros au total.
D’après un rapport de Banca Ifis, l’impact économique des Jeux d’Italie monterait jusqu’à 5,3 milliards d’euros. Parmi eux, 1,1 milliards viendraient des dépenses touristiques, et 1,2 milliards à la suite des jeux grâce au tourisme sur une durée de 12 à 18 mois. Comme mentionné auparavant, certains pays versent une prime aux athlètes remportant une médaille. L’Italie s’était engagé à verser une prime d’environ 213 000 dollars pour l’or, 106 000 dollars pour l’argent et 71 000 dollars pour le bronze. Ceci a aussi un coût pour le pays : en tenant compte de tous les membres de l’équipe italienne, le comité olympique du pays devra verser un peu moins de 7,8 millions de dollars, selon les calculs de Forbes.
Mais les investissements ne sont pas tous perdus : des infrastructures seront réutilisées, comme l’arène de hockey qui deviendra une salle de concert ou la piste de bobsleigh qui a été construite à Cortina, donnant la possibilité aux champions italiens ayant une présence historique dans ce sport, et aux Autrichiens de venir s’y entrainer.
De plus, le réseau ferré, les tunnels et les contournements construits permettront d’éviter le passage de camions dans certains villages de montagne. Le village olympique sera quant à lui transformé en résidence universitaire qui était manquante dans la capitale lombarde.
« Les retombées économiques et touristiques sont généralement plus modestes pour les Jeux d’hiver que pour les Jeux d’été » Chloé Parkins
Conclusion
Pour conclure, les Jeux Olympiques ont un coût important qui peut être long à rembourser et qui peut poser la question de l’intérêt de continuer les JO.
Cependant, les JO incitent les dirigeants à construire des infrastructures qui sont parfois manquantes, comme les villages olympiques transformés en résidences universitaires.
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