Si la montagne pouvait parler, elle dirait quoi des JO d’hiver ?

Mondiaux de ski, Courchevel et Méribel – 2023

Ah ! Les Jeux Olympiques d’hiver, ce grand rendez-vous sportif qui fascine autant qu’il interroge. Tous les quatre ans, des centaines d’athlètes venus du monde entier se retrouvent sur les pistes enneigées pour s’affronter et tenter d’entrer dans l’histoire. Derrière la magie des compétitions et l’excitation du public, un autre acteur est pourtant en première ligne : la montagne. Oui oui, la montagne elle-même : spectatrice silencieuse mais victime collatérale, elle subit de plein fouet les conséquences de cet événement planétaire. Alors si elle pouvait parler, que nous dirait-elle ?

Une fête, mais à quel prix ?

« Ah, les Jeux Olympiques d’hiver ! Cette grande fête du sport où les athlètes s’élancent sur mes flancs enneigés pour décrocher l’or. Si seulement on me demandait mon avis… Parce que franchement, entre nous, j’aurais deux-trois choses à dire.

Déjà, qui a eu l’idée de m’inviter à cette fête sans me consulter ? On débarque avec des pelleteuses, on sculpte des pistes, on installe des infrastructures qui, souvent, ne servent plus après l’événement. Je suis flattée d’être au cœur du spectacle, mais à quel prix ? »

La neige, un bien précieux

« Prenons la neige, par exemple. On m’accuse de ne plus en fournir assez. Excusez-moi, mais le réchauffement climatique, ce n’est pas moi qui l’ai inventé ! Et comme il faut bien faire glisser tout ce beau monde, on compense avec de la neige artificielle. Résultat ? On pompe mes réserves d’eau, on gaspille de l’énergie et on finit par recouvrir mes pentes d’un tapis blanc qui ressemble plus à du sorbet qu’à de la vraie poudreuse.

Canon à neige en mois de Janvier dans les Alpes

Le pire, c’est que cette neige artificielle modifie mon écosystème. La faune et la flore locales n’ont jamais signé pour cette avalanche de produits chimiques et d’eau gelée. Mes arbres en frissonnent encore. Mes ruisseaux, eux, voient leur débit se réduire, car toute cette eau détournée ne retourne plus dans mes nappes phréatiques.

Et ne parlons même pas des canons à neige qui tournent à plein régime, jour et nuit. Avec le bruit qu’ils font, mes bouquetins insomniaques n’en peuvent plus ! »

Des infrastructures envahissantes

« Et puis, parlons des infrastructures : des hôtels, des routes, des télécabines flambant neuves… pour accueillir des touristes par milliers. Ça fait plaisir de voir du monde, certes, mais quand ils repartent, il me reste quoi ? Des espaces bétonnés, des habitats détruits et des tonnes de déchets.

Tremplin de ski – Sarajevo, J.O. de 1984

Ces immenses stades de ski et ces villages olympiques ne sont pas toujours réutilisés après les Jeux. Certains deviennent des villes fantômes, d’autres sont laissés à l’abandon. Pourtant, il existe des alternatives : organiser les JO dans des stations déjà aménagées, utiliser des infrastructures réutilisables, favoriser des compétitions plus respectueuses de mon équilibre naturel. C’est possible, non ?

Et puis, il y a aussi ces routes et ces parkings construits en urgence. Vous savez ce que ça fait, d’avoir des parkings en pleine montagne ? Ça ressemble à des cicatrices en plein milieu de mes prairies alpines. Mes marmottes n’ont même plus d’endroits tranquilles où creuser leurs terriers ! »

Un avenir plus durable ?

« Je ne veux pas jouer les rabat-joie, mais si on pouvait organiser les JO d’hiver sans m’abîmer, ce serait pas mal. Pourquoi ne pas privilégier des événements écoresponsables, limiter la construction inutile et faire en sorte que cette fête du sport soit aussi une fête pour la planète ?

Heureusement, des initiatives émergent. Certaines villes candidates aux JO intègrent désormais des critères environnementaux dans leurs projets. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que cette prise de conscience ne devienne la norme.

Et si on réfléchissait à des JO plus sobres ? Moins d’infrastructures inutiles, plus de réutilisation. Des stations qui s’adaptent au climat plutôt que de forcer la nature à suivre le rythme effréné de l’homme. Après tout, on n’a qu’une planète et, désolée de vous le rappeler, mais je fais partie du décor depuis bien plus longtemps que vous ! »

Et maintenant, place au débat !

« Si ces questions vous intéressent, ne manquez pas notre ciné-débat sur l’impact environnemental des JO d’hiver ! On organise 2 projections de films abordant le sport de montagne avec un regard écologique, suivis de débats pour imaginer un futur plus respectueux de l’environnement.

Rendez-vous le 2 avril pour des discussions enrichissantes autour d’un bon film et d’un sirop framboise – hibiscus !

Allez, je vous laisse. J’ai un glacier à surveiller, et il fond plus vite qu’un patineur en plein sprint. À bon entendeur… »


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