Les Violences Sexistes Sexuelles dans le sport fédéral : comment font les fédérations pour lutter contre ?

Catherine Moyon de Baecque raconte son histoire dans son ouvrage paru en 1997 qui s’intitule : « la médaille et son revers ».

Un problème qui persiste !

Les Violences Sexistes et Sexuelles (VSS) dans le milieu sportif est un enjeu majeur pour les fédérations sportives. Même si nous en entendons parler seulement depuis quelques années, la première plainte française déposée pour violences sexuelles dans un contexte sportif remonte à 1991. Il s’agissait de Catherine Moyon de Baecque qui dénonçait alors un viol collectif survenu à l’occasion d’un stage national de l’équipe de France d’athlétisme.

Malgré la répétition de ces comportements au cours des années suivantes, peu d’actions de sensibilisation ou de protection contre ces violences sexuelles et sexistes sont mises en œuvre pour les contrer. Il aura fallu plusieurs témoignages d’athlètes de haut niveau pour que la parole soit libérée et que d’autres sportifs que ce soit de loisir ou de compétition prennent à leur tour la parole sur ce qu’ils avaient subi.

L’omerta est un mot originellement utilisé pour parler de la loi du silence qui règne au sein des membres de la mafia sicilienne. Mais elle est ici reporté dans le domaine du sport pour évoquer la difficulté des athlètes à prendre la parole sur les violences qu’ils ont subit.

Alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer ces comportements inacceptables un omerta subsiste. Les fédérations sportives se trouvent alors à un tournant crucial : elles doivent non seulement reconnaître l’ampleur de ce problème, mais aussi mettre en place des politiques efficaces pour combattre cet omerta et ces comportements.

Les actions des instances publiques

Le réveil des Fédérations

Après des années de silence et d’inaction de la part des instances publiques et de l’Etat, il faudra attendre 2019, pour connaître les premières mesures concrètes mises en place pour lutter contre ces violences. Au fil des années, ces mesures ont été croissantes quant à leur implication dans cette lutte.

Tout d’abord, en 2019, plusieurs fédérations ont mis en place des codes de conduites pour encadrer les comportements dans le contexte sportif. Avec la coupe du monde de foot féminine en France en 2019, la FFF (Fédération Française de Football) suivie par d’autres fédérations ont lancé des campagnes de sensibilisation sur les VSS dans le sport. Ensuite en 2020, de plus en plus d’actions ont été mises en place pour la lutte et la prévention. Comme par exemple, la mise en place de programme de formation pour les entraîneurs et les arbitres sur le consentement et la prévention des violences. La mise en place de cellules d’écoute pour les victimes de VSS par la FFN (Fédération Française de Natation). Ou encore l’adhésion des fédérations à des chartes de lutte contre les violences sexuelles qui inclut des protocoles pour le signalement et la gestion des cas.

Le CNOSF est l’organisme qui représente le mouvement sportif français (Fédérations, associations…).

Enfin, pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024 le CNOSF (Comité National Olympiques du Sport Français) a mis en place des systèmes d’accompagnement et d’encadrement des entraînements, cela comprend des formations obligatoires supplémentaires pour les entraîneurs, des cellules de signalement…

Un réveil provoqué par l’Etat

Le soudain réveil des fédérations a été la conséquence d’une nouvelle politique apportée par les différents pouvoirs politiques de cette période.

Affaire Sarah Abitbol en 2020 qui est à l’origine de la création de la cellule « Signal-Sport ».

L’on peut prendre pour exemple, la première convention ayant comme sujet la prévention des violences sexistes et sexuelles dans le sport. Cette convention à l’initiative de l’ancienne ministre des sports et de la jeunesse de l’époque Roxana Maracineanu et avec la collaboration du CNOSF, a réuni bon nombre de figure de cette lutte contre les VSS, dans lequel nous retrouvons notamment Catherine Moyon de Baecque qui livra son témoignage sur son vécu. Cette convention a été le point de départ pour les différentes instances publiques. Elle avait comme objectif : « donner une suite pérenne à ce mouvement de libération de la parole, […] pour que le mouvement sportif se saisisse plus directement et ouvertement de la problématique ».

Cette convention a apporté plusieurs actions afin de lutter contre les violences dans un contexte sportif. L’action principale qui en découle est la mise en place d’une cellule de traitement des signalements. Depuis, chaque année une convention sur ce même sujet est organisée. Ainsi de plus en plus d’actions sont mises en place pour tendre vers un avenir sans violences impuni dans le milieu sportif.

Conclusion

Un avenir sans VSS dans le sport est-il possible ?

Malgré la multiplication des actions des instances publiques pour lutter contre les VSS dans le sport, les chiffres de la cellule Signal-Sport parlent d’eux même : 1 affaire sur 2 aboutit à une mesure administrative et seulement 59% des affaires sont closes. Toutefois, même si ces chiffres ne sont pas encore à la hauteur des attentes, ils illustrent une grande avancée dans la prise en charge des victimes des VSS en milieu sportif. En effet, 5 ans auparavant il n’existait même pas de programme de signalement, donc ces chiffres peuvent quand même être considérés comme une grande avancée.

Donc un avenir sans VSS dans le sport est un avenir utopique. Il y aura toujours des personnes mal intentionnées qui useront de leur force pour arriver à leur fin. Donc nous ne devons pas rêver d’un avenir sans violence mais d’un avenir sans violence impuni. Un avenir où toute victime sera écoutée et prise en charge par des professionnels pour se remettre de sa douleur, et que toute agression soit punie.

Conclusion générale

Pour conclure, les fédérations et les instances publiques ont commencé à se préoccuper de la question des VSS dans le sport que tardivement. Malgré, la multiplication des actes de violences en milieu sportif le début de la mise en place de réelles actions ont débuté qu’en 2019-2020. Un retard marqué aussi par rapport à la vie associative dans laquelle des actions de lutte avaient déjà vu le jour dans les années 2010. Cependant depuis quelques années de plus en plus d’actions sont mises en place pour lutter contre les VSS dans le sport. Des campagnes de sensibilisation, de prévention sont mises en place, des cellules d’écoutes ainsi que des cellules de signalements sont instaurées. Et nous pouvons espérer que cela s’améliore d’années en années, à l’avenir.

Informations annexes

Pour trouver de nouvelles solutions à ce problème majeur pour l’avenir du sport, une conférence est organisée par l’association Safe Play sur le sujet : « Comment prévenir et lutter contre les VSS dans le sport de demain ? ». Cette conférence à l’initiative d’étudiants aura lieu le jeudi 3 avril à 14h30 dans l’amphi 4 de la galerie des amphis sur le campus de l’UGA. Il y aura la présence de 5 intervenants engagée pour cette cause. Il y a des sportives de haut niveau ayant déjà vécu des VSS, des professeurs chercheurs à l’université expert sur le sujet et même Roxana Maracineanu.

Connexe à cette conférence, plusieurs petits événements auront lieu tout au long de la semaine du 31 mars au 4 avril afin de sensibiliser sur le sujet. Dont un événement qui se nomme SafePlace dont l’objectif est de faciliter un accompagnement professionnel pour toutes les victimes de VSS dans le sport ainsi que tout autres personnes ayant l’envie d’accéder à un accompagnement professionnelle.

Pour plus d’informations :

SafePlace :

Safe Play (conférence) :


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